Le verre dichroïque et ses couleurs

Les bijoux en verre dichroïques captent la lumière et nous renvoient des couleurs irridescentes et éclatantes. Les cabochons sont créés à la main un à un et fusionnés dans un four spécialement conçu pour ce type de cuisson. Une joaillière s’inspire ensuite de ces pièces pour créer des bijoux uniques particulièrement attirants pour l’œil, car le verre dichroïque ne laisse personne indifférent.

Qu’est-ce que c’est?

Le verre dichroïque est un verre standard sur la surface duquel ont été déposées (par vaporisation dans une cloche sous vide) des couches minces de matériaux spéciaux. Son look accrocheur et ses couleurs chatoyantes ont tout pour intriguer. Les couleurs obtenues sont fonction du type d’oxyde utilisé et de l’épaisseur de la couche déposée. Par épaisseur, on entend ici 3 à 5 millionièmes de pouce.

 

Qu’est-ce qui se passe?

Les réflexions multiples de la lumière provoque l’extinction de certaines couleurs et le renforcement d’autres couleurs. À ce phénomène d’autres s’ajoutent. Les couleurs qui composent la lumière sont séparées par les filtres dichroïques sans être absorbées: certaines sont transmises et les autres sont réfléchies. La longueur du parcours de la lumière dans les couches minces est modifiée par l’angle d’observation et il en résulte des colorations qui changent selon l’angle sous lequel on observe la surface. De plus, la couche dichroïque vue par transparence présente des couleurs qui sont complémentaires à celles observées par réflexion.

Quels sont les effets?

Les filtres dichroïques absorbent très peu la lumière: les couleurs sont alors plus vives, plus pures et plus saturées. Les réflexions successives de la lumière sur les différentes couches minces se recombinent et interfèrent entre elles en provoquant des extinctions et des renforcements qui dépendent de la longueur d’onde, de la longueur du chemin parcouru dans chaque couche traversée et du type de matériau traversé. On observe alors ce qui s’appelle de la dispersion, résultant en de l’irisation (comme dans un arc-en-ciel) ou des reflets iridescents comme sur la nacre.

Quelles sont les utilisations?

La conquête spatiale a donné naissance au développement des filtres dichroïques. Notamment, sur la navette spatiale, cela permet à la lumière visible de traverser les fenêtres alors qu’une grande partie du rayonnement solaire est réfléchi (au moins 1000 watts par mètre carré!). L’utilisation usuelle des filtres dichroïques est plus répandue qu’on pourrait le penser. Dans la vie courante, le réflecteur de certaines lampes halogène est de type dichroïque et sert à diminuer la quantité de rayonnement infrarouge dans l’éclairage fourni afin d’obtenir un faisceau le moins chaud possible (annoncé comme «éclairage frais»). Les commerces que vous fréquentez utilisent aussi des filtres dichroïques. L’éclairage des comptoirs d’agrumes est exempt de composante verte afin qu’on ne perçoive pas le vert de la couleur de la peau des oranges. Les légumes verts sont éclairés différemment pour qu’ils aient une apparence de santé parfaite. Tel de petites lanternes le verre dichroïque nous transmet une lumière qui procure à notre moral des effets bénéfiques similaire à la luminothérapie.